Kévin Bideaux est artiste plasticien et chercheur en art, qui participe depuis plusieurs années à une artialisation de son quotidien qu'il appelle « monochromatisme ». Il colore en rose tout ce qui l'entoure : vêtements roses, cheveux roses, maison rose, tatouages roses, etc. L'artiste entame ainsi un devenir-rose, s'appropriant les caractéristiques plastiques et sémiotiques de la couleur, ce qui provoque des changements (physiques, identitaires, sociaux, etc.) dans les données les plus familières ou les rapports avec les éléments coutumiers de son existence.

 

Il développe autour de cette ascèse monochromatique une pratique protéiforme qui se déploie dans une série d’images et d’objets ambigus. Kévin Bideaux pose un regard cynique sur la contemporanéité, au prisme de son expérience de la marginalité, l’expression « voir la vie en rose » prenant un tout autre sens dans ses réalisations qui mettent en tension l’énergie positive de la couleur avec des thèmes plus graves tels que l’exclusion, l’effacement, ou la maladie. Il met notamment en avant les « petites histoires » des communautés subalternes en exhibant les objets et rituels de l’intimité, invitant à repenser les imaginaires construits autour de l’altérité, sans en effacer les particularités formelles et symboliques. 

 

Depuis 2016, il mène en outre des recherches doctorales en art et études de genre au sein de l’Université Paris 8, appréhendant le rose sous l’angle de la recherche académique. Il s'intéresse à l’histoire et la symbolique du rose, ses emplois dans les productions artistiques, culturelles, militantes et scientifiques, et leur articulation avec le genre, lui-même en relation avec d’autres systèmes de catégorisation (sexualité, race, classe, âge).   

 

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