Coagulum Enema



2021

Poires à lavement, anneaux en métal, chaînes en métal, dimensions variables (structure de base 135 × 35 × 35 cm environ) 


Ustensiles d’hygiène prenant part à des rituels hygiénico-sexuels, la poire de lavement est constitutive d’une culture gaye qui se dérobe au regard. Elle est ici extraite de la confidentialité de la salle de bain par le truchement de la réplication et de l’agrégation, réunies en grappe de forme oblongue, amas tumoral retenu par une chaine qui peine à le soulever.

 

Si l’exhibition anale est une transgression, celle des instruments de son hygiène l’est tout autant, sinon plus, renvoyant non seulement à la salissure et l’abject, mais aussi à sa proximité avec le plaisir sexuel lorsqu’il est au centre de celle-ci. Le lavement joue d’ailleurs depuis longtemps à la fois sur le tableau de l’hygiène et du médical, et celui du plaisir sexuel, dans une forme d’autoérotisation du corps. 

 

Représentation d’une masculinité « débandante », la structure de l'œuvre se pose en outre comme critique du dogme de virilité, dessinant les contours d'une forme phallique s’écroulant sous son propre poids, retenue difficilement par une chaîne qui ne parvient pas à l’ériger complètement.