Usages punitifs du rose en prison 



Octobre 2019

Article de revue scientifique

Citation

Kévin Bideaux, 2019. « Usages punitifs du rose en prison », Doc.eu, 4, « Închisoarea: fenomen istoric, sociologic și psihologic », pp. 90-94. https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02316541.


Résumé

Couleur du féminin en occident, le rose croise à plusieurs reprises le monde carcéral, notamment via le Baker-Miller Pink (BMP). Cette nuance de rose aurait la capacité d’apaiser les détenus si on en peint leur cellule. Devenu un véritable phénomène populaire repris par la mode ou par les artistes, le BMP dissimule en réalité un système d’oppression hétérosexuel qui s’appuie sur la symbolique du rose pour humilier et punir des détenus masculins au sein d’un espace carcéral où la virilité fait office de norme. Au prisme des études de genre, cet article cherche à analyser la manière dont le rose est employé comme outil d’exercice du pouvoir dans les prisons.

 

Abstract

Feminine color in the West, pink crosses several times the prison world, especially via the Baker-Miller Pink (BMP). This shade of pink would have the capacity to appease the prisoners if one paints their cell. Become a real popular phenomenon taken up by fashion or by artists, the BMP actually conceals a system of heterosexual oppression that relies on the symbolism of pink to humiliate and punish male prisoners in a prison space where virility is the norm. Through the prism of gender studies, this article seeks to analyze how pink is used as a tool for the exercise of power in prisons.