Jouissance galénique



2015

Photographie numérique, tirage lambda, 30 × 40 cm 



       

Contraception, performance, désir, drogues de synthèse, et maintenant traitements prophylactiques pour lutter contre les IST : la présence des produits pharmaceutiques dans la sexualité est toujours plus grande. À la fois totem phallique érigé en l’honneur d’une sexualité masculine libérée et panoplie biochimique coercitive de laquelle dépend cette sexualité, la composition plutôt froide de la photographie traduit l'opposition entre un sujet sexualisé et son cadrage clinique. 

 

L'œuvre rend ainsi compte de ce que le philosophe Paul B. Preciado appelle « pharmacopornographie », « les processus de gouvernement de la subjectivité sexuelle, dans ses modes moléculaires (pharmaco) et sémiotechniques (-porno) ». Le rose vif qui compose cet étui pénien se fait alors signal aposématique, appréhendant la médicamentalisation de la sexualité comme phármakon, c’est-à-dire à la fois remède et poison.